
Michel-Edouard Leclerc est loin d’être en phase avec ce qui se passe sur le plan politique actuellement. Jugeant «incompréhensible» la suspension de la réforme des retraites tout en ne sachant pas si c’est «une bonne ou une mauvaise nouvelle», le président du comité stratégique des magasins E. Leclerc a également reconnu sur LCI que les Français pouvaient être fatigués du «spectacle» auquel ils assistent. Pas seulement à cause des débats budgétaires qui traînent depuis plusieurs mois, mais aussi parce qu’il y a «des problèmes de manque de fluidité sociale».
Mais surtout, selon lui, il existe un gros problème : c’est «que dans le système français salarial, le travail ne paie pas et ne permet pas de se réaliser comme aux Etats-Unis à partir du travail». A l’inverse, la France possède «un système plus protecteur pour les retraites», reconnaît Michel-Edouard Leclerc, mais les débats posés actuellement ne devraient pas l’être «en termes budgétaires, mais en termes d’objectifs». Il pose la question : «Qu’est-ce qu’on veut laisser à une génération ?»
Les Français déconnectés des débats ?
Plus globalement, Michel-Edouard Leclerc souhaite se concentrer, comme dans son entreprise, sur plusieurs défis comme «l’impact du numérique sur les emplois dans les centres Leclerc, sur la décarbonation ou sur la reconversion énergétique». Mais ce qui l’inquiète aujourd’hui surtout, c’est «la déconnexion des Français face à ce sujet qui dure depuis trois ans». Le président du comité stratégique évoque un «climat pesant» autant pour les consommateurs «qui retiennent la consommation et qui épargnent» que pour les industriels qui «se déconnectent du débat public», à l’image de Leclerc qui «trace sa route à 2030-2035».



















