
L'avenir économique de la France pourrait vaciller si le vote de confiance du 8 septembre conduit à la chute du gouvernement Bayrou. Ce scénario surviendrait alors que le pays est engagé dans un plan d'économies de 44 milliards d’euros pour tenter de redresser ses finances publiques. La dette française atteint aujourd’hui 3 345 milliards d’euros, soit 113,9% du PIB – bien au-delà de la richesse produite en une année, souligne Le Parisien ce mardi 26 août. Faute de mesures fortes, son remboursement pourrait bientôt représenter le premier poste de dépense de l'Etat, devant l'Education nationale ou les Armées.
Or, le climat politique tendu depuis la dissolution continue de fragiliser la confiance des créanciers. La chute du gouvernement Bayrou pourrait-elle aggraver la situation en faisant grimper le coût de la dette française, et, par ricochet les taux d’emprunt pour les ménages ? Sylvain Bersinger, économiste, estime auprès de nos confrères que les marchés avaient «de toute façon déjà anticipé la chute de François Bayrou à l'automne»», limitant ainsi un choc immédiat.
Vers une dégradation de la note française ?
La censure du gouvernement Barnier, en décembre, n’avait d’ailleurs pas eu d’effet notable sur les taux auxquels la France emprunte pour financer sa dette. Les marchés avaient intégré l’idée d’une instabilité politique jusqu’en 2027, date de la prochaine présidentielle.
Cependant, Anne‑Sophie Alsif, cheffe économiste chez BDO, alerte : «La situation est pire que l'an dernier. On a un taux de croissance plus faible, l'investissement est en berne et les ménages épargnent au maximum.» Tous les indicateurs sont au rouge. Et la confirmation du vote de confiance par François Bayrou a aussitôt provoqué une réaction négative des marchés : le CAC 40 a chuté de 1,6% ce lundi. «Même s'il est en déficit, comme celui de Donald Trump, il faut voter un budget et pas par 49.3», soutient Anne-Sophie Alsif.
Une échéance importante se profile : Fitch doit publier le 12 septembre sa notation sur la dette française, soit quatre jours après le vote de confiance. Après avoir déjà dégradé la note et abaissé deux fois ses perspectives ces derniers mois, l’agence de notation pourrait bien retirer le double A attribué à la France si le gouvernement Bayrou venait à tomber.


















