
’est un marché, parallèle et interdit, qui coûte très cher aux laboratoires pharmaceutiques. D’après les calculs de plusieurs organismes internationaux relayés par Le Parisien, les faux médicaments leur feraient perdre 100 milliards d’euros chaque année. Et pour cause. Comme l’ont constaté très rapidement nos confrères, sur internet ou sur des canaux de messagerie, il est très facile de se procurer des médicaments, chers à l’achat, qui ne sont pourtant disponibles d’ordinaire que sur prescription. C’est le cas de deux d’entre eux notamment : le Wegovy et l’Ozempic.
Tous deux fabriqués par le laboratoire danois Novo Nordisk, ces médicaments sont très recherchés pour leurs effets contre l’obésité ou le diabète. En quelques clics, des médecins ou faux médecins vous les proposent contre des tarifs défiant toute concurrence : 300 ou 400 euros pour des traitements de seize semaines, ont eu accès nos confrères. Comme on peut le constater sur le site de Vidal, un stylo prérempli multidose avec quatre aiguilles coûte normalement 76,58 euros, donc sensiblement le même prix puisqu’il faut réaliser une injection par semaine.
L’ANSM saisit la justice
Toutefois, ces médicaments vendus sur le marché parallèle sont-ils efficaces et sûrs ? Non, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui vient de saisir la justice, nous apprend Le Parisien. Elle souhaite demander à de nombreuses plateformes de cesser leur publicité sur ces produits. Selon l’ANSM, de nombreux produits sont «contrefaits» et rien ne «permet de s’assurer que ce sont de vrais médicaments» et surtout qu’ils «répondent aux exigences de qualité, de sécurité et d’efficacité». En somme, ils peuvent être dangereux !
Interrogée par Le Parisien, la présidente du Collectif national des associations d’obèses va même plus loin : «C’est votre vie que vous mettez en péril !», rappelant que dans certains pays européens, des patients ont même dû être hospitalisés après avoir utilisé des produits faussement étiquetés. Si certains vendent les vrais produits, ils y voient surtout un gain financier. De son côté, le laboratoire danois dit avoir connaissance de ces produits, mais «enquête et signale chaque cas de contrefaçon».
Des patchs inefficaces et dangereux vendus librement
Toutefois, il y a encore pire sur certaines plateformes. «Ozempatch», «GLP-1»… autant de produits vendus avec de prétendus effets, pour quelques dizaines d’euros. Inefficaces, ces patchs sont aussi très dangereux, met en garde l’ANSM. Sur Amazon, un homme qui en avait acheté dit même «s’être vu mourir», après en avoir appliqué un. Quelle est l’étendue de ce vaste réseau parallèle ? Les utilisateurs impactés par ces faux produits ne se manifestent pas forcément. Le remboursement potentiel du Wegovy enrayera-t-il en partie ce marché ? Reste encore aux autorités et aux laboratoires à s’entendre.


















