Dominique de Villepin s'était retiré de la vie politique en 2012 mais n'a jamais été aussi présent dans les médias que depuis ces derniers mois. Samedi 14 juin, Ouest-France a d'ailleurs publié un entretien-fleuve avec l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac (2005 à 2007). Parmi les sujets abordés, il a été invité à apporter son point de vue sur la situation économique en France. Un pays qui, selon lui, n'a «ni Président ni Premier ministre» : «L’un comme l’autre se montrent incapables d’exercer la plénitude de leur fonction, égratigne-t-il, Les Français se retrouvent orphelins.» Alors que la scène politique se déchire autour des 40 milliards d'euros d'économie à trouver pour boucler le Budget 2026, Dominique de Villepin affirme : «Nous sommes face à un immense paradoxe : les services publics se dégradent alors que la dette s’alourdit. C’est qu’il y a eu des fautes de gestion, des erreurs politiques et des gaspillages».

Selon lui, remettre à plat «les missions des pouvoirs publics pour les rendre plus efficaces» est essentiel, mais exige «sérieux et constance» - ce dont, juge-t-il, l'exécutif manque cruellement. Selon lui, réaliser de telles économies en seulement une année est irréaliste : «Réduire la dette est un enjeu de souveraineté nationale mais il ne faut pas asphyxier notre économie. Si nous mettons à mal l’activité et l’emploi, l’effort que nous aurons à faire sera double» expose Dominique de Villepin, qui estime «préférable» de «planifier des économies sur cinq ans pour réduire le déficit, les fraudes et les gaspillages, tout en ayant une stratégie économique pour recréer de l’emploi, de l’investissement et de l’activité, ce qui aujourd’hui fait défaut».

«Je veux servir mon pays» affirme l'ancien Premier ministre

Alors que le Premier ministre, François Bayrou, demande à «tous les Français» de participer à l'effort national, son prédécesseur l'invite à la vigilance : «En 2017, l’erreur originelle d’Emmanuel Macron a été de négliger l’exigence de justice sociale». Baisse des APL, suppression de l’impôt sur la fortune... De mauvaises décisions, selon Dominique de Villepin : «On ne peut pas éternellement demander à un peuple d’avancer sans lui donner les preuves d’une politique humaniste. Il n’y a pas d’ordre républicain sans justice sociale. Et, bien sûr : les plus riches doivent donner l’exemple pour contribuer à redresser la nation».

Particulièrement sollicité sur les plateaux pour commenter l'actualité, Dominique de Villepin semble faire l'objet d'un regain de popularité, y compris à gauche où ses prises de position pro-palestiniennes font mouche. Alors, sera-t-il candidat à la présidentielle en 2027 ? C'est peut-être ce qu'il faut comprendre, même s'il use et abuse du demi-mot : «Je veux servir mon pays. Je l’ai toujours fait (...) L’inexpérience est source de fragilité. En 2027, nous ne pourrons plus élire un président de la République qui n’a pas l’expérience éprouvée des affaires internationales.» Une expérience dont, en effet, Dominique de Villepin peut se prévaloir.