
«J’avais l’impression que nous étions les Tuche.» Une phrase qui résume bien le changement de vie, du jour au lendemain, de la famille Mbappé quand son fils Kylian a changé de statut. Invitée du colloque «Demain le sport» organisé par Radio France, L’Equipe et France Télévisions à la Maison de la Radio, Fayza Lamari, la mère de l’attaquant star de l’Equipe de France, a longuement échangé avec une autre mère de star : celle de Léon Marchand, Céline Bonnet. Si les deux femmes travaillent dans l’ombre, elles ont vécu de plein fouet les ascensions fulgurantes de leur progéniture, les moments de doute et de surmédiatisation, rapporte Le Parisien.
Si Léon Marchand a quitté le domicile familial à 19 ans pour se rendre aux Etats-Unis, ce fut beaucoup plus tôt pour Kylian Mbappé qui a intégré le centre de formation de Monaco à l’âge de 14 ans. Un vrai «tsunami», a confié Fayza Lamari qui s’est accentué avec le départ de son fils vers le PSG en 2017 puis le titre de champion du monde en 2018. «Quand je l’ai vu descendre les Champs-Élysées, j’ai su qu’il m’échappait», s’est-elle remémorée, en rappelant qu’elle l’appelait Justin Bieber, car elle est «passée directement de Bondy au Royal Monceau», et donc cette impression d’être comme les Tuche, cette comédie qui met en scène une famille modeste devenue millionnaire.
«Il n’y avait plus d’humain», regrette Fayza Lamari
Si les deux femmes ont «très mal vécu la surmédiatisation», la mère du joueur du Real Madrid, encore plus, soulignant avoir eu «des pics très bas», car «il n’y avait plus d’humain» et aujourd’hui, «nous avons très peu de moments pour nous». Une surmédiatisation qui joue un rôle sur la vie personnelle du joueur. Fayza Lamari, qui est aussi une femme d’affaires (elle est à la tête de la holding Interconnected Venture), a demandé à Kylian Mbappé s’il ne souhaitait pas vivre avec quelqu’un. Réponse du joueur : «Tu vois une femme dans ce bourbier ?»
Et Fayza Lamari de raconter une anecdote révélatrice de la nouvelle vie de son fils : «Il lui est arrivé de faire des tours de périphérique dans une 206 juste pour voir ce que cela faisait. Même marcher dans la rue, il ne peut plus. Cela m’attriste.» Si évidemment la médiatisation change la donne, des choses positives en découlent, comme le changement de statut social. Mais pour la mère de l’ancien joueur du PSG, «nous ne sommes pas préparées à devenir des personnalités publiques». L’ancienne handballeuse, dont le deuxième fils Ethan (joueur du LOSC) évolue au plus haut niveau, a reconnu que Kylian était «plus à l’aise sur un terrain qu’en dehors».
Une vie de star «cher payée»
Et s’il n’a pas de vie en dehors, «c’est celle qu’il a choisie», a-t-elle concédé. Toutefois, ce statut est parfois «cher payé», a-t-elle mis en avant, avant de revenir sur l’épisode concernant l’affaire de plainte pour viol classée sans suite en Suède : «C’est le seul déplacement que l’on n’a pas organisé et on en a payé les conséquences…» Elle a reconnu avoir même douté de son fils : «J’avais confiance en Kylian mais je lui ai demandé : ‘Est-ce que tu l’as fait ?’ Il m’a répondu : ‘tu as fini tes délires ?’» La plus grande victoire des deux femmes aujourd’hui ? Sans doute le fait que leurs deux fils «s’entendent au-delà du sport» avec leur frère. Car elles ont toujours fait passer la famille avant tout.



















