
Une finance éthique et humaniste. Le pape François – décédé ce lundi 21 avril à l’âge de 88 ans – avait une vision de la finance ancrée dans l’éthique chrétienne, appelant à une économie au service de l’humain et non de l’argent. A l’occasion des «Dialogues pour une finance intégralement durable», promus par la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice, en juin 2024, le souverain pontife avait prononcé un discours plaidant pour des «actions spécifiques en vue d’un changement pour le bien commun, ainsi que la culture du dialogue comme méthode et style à suivre», comme le rapportait à l’époque Vatican News.
Pour le pape François, le magistère social de l'Eglise pouvait «représenter une boussole», à condition de regarder «le fonctionnement de la finance pour en dénoncer les faiblesses et imaginer des correctifs concrets». Le chef de l’Eglise catholique estimait ainsi que ceux qui sont familiers des processus financiers ont «un grand mérite, mais aussi une grande responsabilité, et c'est à vous de trouver comment faire reculer l'iniquité».
«L'argent doit servir et non régner»
«Une réforme financière qui n'ignore pas l'éthique nécessiterait un changement d'attitude vigoureux de la part des dirigeants politiques. L'argent doit servir et non régner», déclarait-il. Le pape François avait notamment cité l'exemple des monts-de-piété, qu'il avait décrit comme «une grande incitation à aider les plus pauvres sans tomber dans la logique welfariste», en privilégiant les prêts afin de permettre aux personnes de travailler et de retrouver ainsi «leur propre dignité».
Le souverain pontife avait également souligné l'importance du dialogue pour vaincre la technocratie, en prenant l’exemple des théologiens espagnols du XVIe siècle qui, en comprenant le commerce de la laine, étaient capables de «donner des évaluations éthiques». Le pape François défendait ainsi une nouvelle culture «capable de faire place à une éthique, une culture et une spiritualité suffisamment solides». Et pour y parvenir, «le dialogue est toujours la meilleure voie, y compris pour améliorer la maison commune», affirmait-il.


















