
L’examen du projet de loi de finances reprend ce jeudi à l’Assemblée nationale. L’occasion pour le Premier ministre de trouver de nouveaux accords, alors qu’il y aurait encore 12 milliards d’euros d’économies à réaliser. C’est dans ce contexte politique et budgétaire incertain que se sont déroulées les fêtes de fin d’année et que les Français ont réduit «le budget des produits onéreux», a confirmé sur BFM le président-directeur général du groupe Carrefour. Mais au-delà de cela, Alexandre Bompard s’en est pris aux mesures qui visent les grandes sociétés.
Alors que le Medef a mis la pression sur le gouvernement et que de nombreux chefs d’entreprise sont dans l’attente de mesures claires, le PDG de Carrefour a tenu une position claire : «Tout ce qui va dans le sens d’un affaiblissement de la compétitivité des entreprises françaises est négatif pour la France», a-t-il martelé sur BFM, avant de s’offusquer de la «seule solution» proposée aujourd’hui pour répondre à la crise, à savoir augmenter le taux d’impôt sur les sociétés : «Cette année on dit : ‘La seule manière éventuelle de trouver un accord sur le budget c’est de reconduire une surtaxe d’ISS’», a-t-il souligné.
Moins d’innovation, de créations d’emplois…
Or, une reconduction de la surtaxe sur les grandes entreprises, mesure certes retoquée par les sénateurs fin novembre, aurait des conséquences désastreuses, a laissé entendre le patron de Carrefour. «La moyenne mondiale d’impôt sur les sociétés est 25%. Si on la reconduit, on sera à 35%», a-t-il rappelé, avant d’ajouter : «On peut se dire : c’est pas grave, ce sont les 400 plus grandes entreprises… mais ce n’est pas comme ça que ça marche.»
Pour Alexandre Bompard, «quand vous augmentez un taux d’impôt comme ça», les conséquences sont multiples, et pour tout le monde. «Vous perdez de la compétitivité, vous investissez moins, vous créez moins d’emplois, vous innovez moins et vous faites peser une pression sur les petites entreprises parce que vous êtes en relation permanente avec elles», a-t-il énuméré. Le PDG de Carrefour a ainsi dénoncé la petite musique qui circule selon laquelle l’augmentation du taux sur les grandes sociétés n’a aucun impact. «C’est totalement faux !»
Une surtaxe qui devait être «temporaire»
Rappelant que la surtaxe avait rapporté huit milliards d’euros en 2025, elle devait être temporaire. «Le Code général des impôts est rempli d’impôts dont on a dit qu’ils étaient temporaires», a-t-il raillé. Alexandre Bompard a enfin tancé les six mois de débats budgétaires où la seule solution trouvée a été «d’abandonner la réforme des retraites (dont on sait tous qu’elle est indispensable pour le pays) et augmenter le taux d’impôt sur les sociétés». Pour le grand patron, «on a un problème collectif vraiment important».



















