
Un dernier petit tacle avant de partir. Alors qu’il s’apprête à quitter la présidence de la Cour des comptes pour rejoindre la Cour des comptes de l’Union européenne à Luxembourg, Pierre Moscovici n’a pas caché son scepticisme sur la trajectoire économique de l’Hexagone. Lors d’une conférence de presse ce mercredi 17 décembre, l’ex-ministre socialiste a pointé du doigt le calendrier budgétaire du gouvernement. «Pour la deuxième fois en deux ans, la France risque de ne pas avoir de PLF (projet de loi de finances, NDLR) avant la fin de l’année», a-t-il souligné, alors que l’exécutif vise un déficit public inférieur à 5% du PIB en 2026, après 5,4% cette année.
«Nous verrons si nous pouvons atteindre les 5 % pour rester dans les clous», a ajouté le premier président de la Cour, estimant toutefois que «ça ne paraît pas très bien parti». Entré à l’institution de la rue Cambon en 2020, juste après le premier confinement, Pierre Moscovici s’est montré critique sur la gestion des finances publiques : «Je pense que si on avait écouté les recommandations de la Cour des comptes, nous n’en serions pas là», a-t-il déclaré.
Rémy Rioux en lice pour la présidence de la Cour des comptes
Président également du Haut Conseil des finances publiques (HCFP), chargé de contrôler les prévisions budgétaires, il a assuré s’être «refusé à tout moment à agiter l’arme de l’insincérité» et a mis en garde contre un «illibéralisme croissant», défendant «l’indépendance» de l’institution. Quant à son successeur, dont la désignation relève du président Emmanuel Macron, l’identité n’est pas encore connue.
Plusieurs médias évoquent Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement. Le futur premier président de la Cour devra «avoir une voix forte» et du «sens politique», car «nous ne sommes pas politiques mais dans l’écosystème», a rappelé Pierre Moscovici, soulignant qu’il lui faudra également des «principes éthiques en béton». Si aucun successeur n’est nommé au 1er janvier 2026, un intérim est prévu, mais il «vaut mieux que ça ne dure pas trop longtemps», a conclu Pierre Moscovici.


















