Qu’est-ce qu’un crédit ballon ?

Depuis 2023-2024, le crédit ballon est en forte croissance en France, notamment porté par les véhicules électriques et hybrides, dont la valeur résiduelle reste plus incertaine.

Crédit ballon pour une voiture ou une moto : définition

Un crédit ballon est une formule de financement automobile à mi-chemin entre un crédit classique et une LOA. Contrairement à un crédit auto, où les mensualités servent à amortir la totalité du prix du véhicule, le crédit ballon intègre une mensualité finale appelée « ballon » (ou valeur de rachat), qui correspond à la valeur résiduelle estimée du véhicule à la fin du contrat.

Audi, BMW, Peugeot, Toyota, Renault… Un prêt proposé par les concessionnaires

Le dispositif est largement utilisé comme alternative au leasing. Certaines banques et sociétés spécialisées le proposent, mais, dans la plupart des cas, il est distribué par les concessionnaires automobiles. En 2025, de plus en plus de constructeurs (Volkswagen, Tesla, Kia et les marques généralistes françaises) le proposent pour faciliter l’accès aux modèles électriques.

Crédit ballon pour une voiture d’occasion

Les occasions récentes (moins de trois ans) sont souvent financées en crédit ballon, ce qui permet de changer plus régulièrement de véhicule. Ce financement est adapté aux véhicules encore sous garantie constructeur ou bénéficiant d’un label qualité, car leur valeur résiduelle est plus facile à estimer et donc le montant du ballon final plus sécurisé.

Des changements à venir en 2026

Au 20 novembre 2026, de nouvelles règles issues de la directive européenne 2023/2225 s’appliqueront aux crédits conso, dont le crédit ballon. Cela implique une plus grande transparence des offres, une évaluation plus stricte de la solvabilité, un encadrement de l’ajout de services (comme les assurances) et un accompagnement en cas de difficultés.

Quels sont les avantages et inconvénients du crédit ballon ?

Crédit ballon : avantages

L’un des avantages du crédit ballon est qu’il permet de changer souvent de véhicule et de rouler en profitant des garanties d’un véhicule neuf. De plus, le loyer mensuel est moins élevé qu’avec un prêt à la consommation, puisqu’il ne prévoit pas le remboursement du capital. Si le locataire ne souhaite pas conserver le véhicule à terme, la revente incombe au concessionnaire.

Crédit ballon : inconvénients

Le conducteur n’est pas propriétaire de la voiture tant que le crédit n’est pas totalement remboursé, le véhicule est donné en gage. Par ailleurs, l’entretien est à la charge du conducteur. C’est aussi à lui de payer l’assurance de la voiture. Enfin, les pénalités exigées en cas de dépassement du forfait kilométrique rendent cette formule inappropriée pour les grands rouleurs.

Comme toutes les formes de crédit (consommation, immobilier, etc.), un crédit ballon peut être inclus dans un rachat d’emprunt. Il permet de regrouper plusieurs dettes afin de réduire la charge de remboursement globale de l’emprunteur.

Crédit ballon et carte grise : à quel nom est-elle ?

Au nom du conducteur

Le crédit ballon n’est pas une location, mais bien un crédit à la consommation avec mensualité finale majorée. Par conséquent, la carte grise de la voiture (certificat d’immatriculation) est établie directement au nom de l’acheteur. Le véhicule lui appartient juridiquement, même si l’organisme prêteur détient un droit de gage tant que le crédit n’est pas remboursé.

Droit de gage

En pratique, une mention de gage peut apparaître sur le certificat d’immatriculation dans le SIV (Système d’Immatriculation des Véhicules), empêchant la revente sans solder le crédit. Les taxes liées à la carte grise (taxe régionale, malus éventuel, frais de gestion et d’acheminement) restent à la charge de l’acquéreur.

Comment fonctionne un crédit ballon ?

Principe général

Le crédit ballon fonctionne comme un prêt à la consommation classique, mais avec une grosse mensualité finale. Cette somme correspond à la valeur estimée du véhicule à la fin du contrat. Le grand intérêt de ce montage est que les mensualités courantes sont allégées, car elles ne couvrent qu’une partie du prix du véhicule. Le client a donc plus de flexibilité.

Souscription du contrat

Au départ, le client choisit le véhicule qu’il souhaite financer : cela peut être une voiture neuve ou une occasion récente. Le crédit ballon est proposé soit directement par le concessionnaire automobile, soit par une banque partenaire ou une société de financement spécialisée. Dès la signature du contrat, l’acheteur devient propriétaire du véhicule.

Apport initial

La plupart des contrats de crédit ballon prévoient un apport personnel, compris entre 10 % et 20 % du prix d’achat TTC. Cet apport peut être constitué d’une somme en espèces, de la reprise de l’ancien véhicule ou d’une combinaison des deux. L’apport n’est pas récupérable : il sert à réduire le capital emprunté, à abaisser les mensualités et à limiter le montant du ballon final.

Mensualités

Pendant la durée du contrat, qui varie en général entre 24 et 60 mois, le client rembourse des mensualités plus faibles que dans un crédit classique. Ces mensualités sont calculées uniquement sur une partie du prix du véhicule : la différence entre le prix d’achat total (diminué de l’apport) et le montant du ballon fixé en fin de contrat.

Échéance finale

Dans le cadre d’un crédit ballon, à la fin du contrat, il reste à régler le ballon final, fixé dès le départ et correspondant à la valeur résiduelle estimée du véhicule (souvent entre 30 % et 50 % du prix d’achat initial, selon la durée et le type de voiture). À ce moment, le client a plusieurs options :

  • Payer le ballon et conserver le véhicule définitivement.
  • Revendre la voiture : le produit de la vente peut servir à solder le ballon.
  • Restituer le véhicule au concessionnaire (si une clause de reprise est prévue) et repartir sur un nouveau financement.

Peut-on obtenir un crédit ballon sans apport ?

Si, en règle générale, un apport initial est recommandé dans un crédit ballon, il est possible de souscrire sans apport. Dans ce cas, le financement couvre la totalité du prix du véhicule, y compris la part habituellement réduite par l’apport.

Conséquences principales

Les mensualités restent allégées, mais elles seront mécaniquement un peu plus élevées qu’avec apport, car le capital à amortir avant le ballon est plus important. De même pour le montant du ballon final. En bref, le coût global du crédit augmente, car le capital emprunté est plus important et génère davantage d’intérêts.

Rester vigilant

Le contrat de location ballon sans apport initial peut être intéressant pour les clients qui souhaitent préserver leur trésorerie ou n’ont pas de véhicule à faire reprendre. Toutefois, il faut bien mesurer l’impact sur le coût total et s’assurer d’avoir une stratégie claire pour gérer le règlement du ballon final (revente, reprise par le concessionnaire, refinancement).

Comment calculer un crédit ballon ?

Identifier les éléments de départ

Le calcul commence par la définition des paramètres du contrat de location. Il faut connaître le prix d’achat du véhicule (neuf ou occasion), le montant éventuel de l’apport initial, le ballon final fixé dès le départ, la durée du financement (entre 24 et 60 mois) et enfin le taux d’intérêt appliqué par la banque ou le concessionnaire.

Déterminer le capital amortissable

Dans un crédit ballon, on ne rembourse pas la totalité du prix du véhicule au fil des mensualités. Une partie du capital est laissée pour la fin du contrat. On calcule donc d’abord le capital amortissable : Prix du véhicule - Apport initial - Ballon final. Ce montant est celui qui sera réparti en mensualités sur toute la durée du crédit.

Calculer les mensualités

On calcule ensuite les mensualités réduites du contrat de location :

  • Si le taux d’intérêt est nul (offre promotionnelle), il suffit de diviser le capital amortissable par le nombre de mois.
  • Si un taux d’intérêt est appliqué, on utilise la formule classique d’un prêt amortissable, mais uniquement sur la partie amortissable, puisque le ballon n’est payé qu’à la fin.

Ainsi, les mensualités sont plus basses que dans un crédit auto classique, car elles portent sur une somme plus faible.

Intégrer le ballon final

À la fin du contrat, le client doit régler le ballon final, qui représente la valeur résiduelle estimée du véhicule : le payer, le refinancer, ou revendre le véhicule, la vente servant alors à solder le ballon. Cette échéance finale est la particularité majeure du crédit ballon et doit être anticipée dès la souscription.

Attention au kilométrage maximal

Même si le crédit ballon reste un crédit et non une location, le concessionnaire ou l’organisme de financement fixe un kilométrage maximum au moment de la souscription. Si le client parcourt beaucoup plus de kilomètres que prévu, la cote réelle du véhicule sera inférieure à l’estimation initiale. Il est donc essentiel d’être réaliste sur son usage au moment de signer.

Où et comment faire un crédit ballon ?

Chez les concessionnaires automobiles

Le crédit ballon est surtout distribué par les constructeurs et leurs réseaux de concessionnaires. Les captives financières des marques (ex. : Renault Financial Services, Peugeot Finance, BMW Financial Services, Mercedes-Benz Financial, Toyota Financement, Volkswagen Financial Services, etc.) proposent ce type de crédit directement lors de l’achat.

Dans certaines banques

Quelques banques traditionnelles (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, Caisse d’Épargne, etc.) et des organismes de crédit spécialisés (Cetelem, Cofidis, Sofinco…) proposent également des crédits ballon. Ces offres sont parfois moins visibles que celles des constructeurs, mais elles peuvent être plus flexibles et négociables.

Faire le dossier de crédit ballon

Comme pour tout crédit à la consommation, le client doit fournir des pièces justificatives, comme une pièce d’identité, des justificatifs de revenus (fiches de paie, avis d’imposition), etc. L’organisme vérifie la capacité de remboursement avant acceptation de la demande. Une fois le financement validé, le contrat est signé.

Délai de rétractation

Comme le crédit ballon est juridiquement un crédit à la consommation, il est soumis aux dispositions du Code de la consommation. Après la signature du contrat, l’emprunteur bénéficie d’un délai légal de rétractation de 14 jours calendaires révolus. Durant ce délai, il peut annuler son engagement sans avoir à justifier sa décision et sans frais.

Comment sortir ou résilier un crédit ballon ?

Payer le ballon et conserver le véhicule

La première option est de régler le ballon final à l’échéance du contrat. Cette somme, fixée dès la souscription, correspond à la valeur résiduelle estimée du véhicule. Le paiement peut se faire :

  • au comptant, si le client dispose de l’épargne nécessaire ;
  • ou via un nouveau crédit pour refinancer le ballon.

Cette solution convient aux conducteurs qui souhaitent conserver leur véhicule sur le long terme et en devenir pleinement propriétaires, sans engagement vis-à-vis du concessionnaire.

Revendre la voiture

Une autre possibilité est de revendre la voiture sur le marché de l’occasion afin de solder le ballon final. Si le prix de vente est supérieur ou égal au montant du ballon, la revente permet de solder le prêt sans reste à charge. Si le prix est inférieur au ballon, l’automobiliste devra compléter la différence avec ses fonds propres.

Restituer le véhicule au concessionnaire

De nombreux contrats prévoient une option de reprise par le concessionnaire à hauteur du ballon final. Cela permet au client de rendre le véhicule sans avoir à se soucier de sa revente sur le marché. Toutefois, cette reprise est conditionnée :

  • Le véhicule doit être en bon état (pas de dommages importants ni d’usure anormale).
  • Le kilométrage réel doit correspondre à celui prévu au contrat (un dépassement peut entraîner une décote).

Résiliation anticipée du crédit ballon

En dehors des options prévues, il est possible de mettre fin à un crédit ballon avant son terme. Comme tout crédit conso, l’emprunteur peut demander un remboursement anticipé, total ou partiel.

  • En cas de remboursement total, le client règle le capital restant dû et récupère sa pleine liberté sur le véhicule.
  • En cas de remboursement partiel, il diminue le capital restant, ce qui peut réduire ses mensualités ou la charge du ballon.

L’organisme prêteur peut toutefois réclamer une indemnité de remboursement anticipé (IRA), plafonnée par la loi.

Crédit ballon ou LOA : quelle différence ?

Nature du contrat de location

Dans un premier temps, le crédit ballon est un crédit à la consommation. La LOA (Location avec Option d’Achat) est, comme son nom l’indique, un contrat de location. Pendant toute la durée du leasing, le conducteur n’est que locataire du véhicule. Il ne devient propriétaire qu’au moment où il lève l’option d’achat, en réglant la valeur résiduelle fixée au départ.

Carte grise et propriété

Dans un crédit ballon, la carte grise est au nom du client dès la mise en circulation du véhicule, car il en est propriétaire. Dans une LOA, la carte grise est au nom de la société de financement ou du concessionnaire, puisque le client n’est pas propriétaire du bien pendant la durée du contrat.

Mensualités et financement

Les deux formules permettent de réduire le montant des mensualités par rapport à un crédit auto classique. En crédit ballon, les mensualités sont calculées sur une partie du prix d’achat, le reste étant reporté sur le ballon final. En LOA, les loyers correspondent à l’usage du véhicule et habitude de conduite, calculés sur la différence entre le prix du véhicule et sa valeur résiduelle.

Fin du contrat

En crédit ballon, le client doit régler le ballon final. Avec l’offre de leasing, le client peut lever l’option d’achat et devenir propriétaire, ou bien restituer le véhicule. Dans ce dernier cas, il n’a pas à payer la valeur résiduelle, mais doit respecter les conditions de restitution (état du véhicule, kilométrage, usure).

Kilométrage et conditions d’utilisation

D’un point de vue pratique, le crédit ballon est plus souple : il n’y a pas de pénalités liées au kilométrage, mais un usage intensif peut réduire la valeur de revente et compliquer le remboursement du ballon. La LOA prévoit un kilométrage maximal annuel fixé dès la signature. En cas de dépassement, des pénalités financières sont appliquées.

Coût global

Le crédit ballon peut s’avérer plus cher qu’un crédit classique, car les intérêts portent sur la totalité du capital, y compris le ballon final. La LOA, quant à elle, comporte des frais de location et des coûts de restitution qui peuvent alourdir la facture. Dans les deux cas, le coût global dépendra du taux, de la durée, du montant de l’apport et de la valeur résiduelle fixée.

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