
C’est sans doute la meilleure des façons de contourner la réglementation française ! Le géant chinois automobile BYD a en effet annoncé l’ouverture d’une usine de production de voitures électriques en Hongrie. Un site industriel qui devrait être inauguré au second semestre 2025. Certes, cette première implantation européenne, qui s’accompagnera de 2 000 créations de postes, lui coûtera au total 248 millions d’euros. Mais elle lui offrira par la même occasion un avantage significatif en France. Cela ouvrira en effet la possibilité au constructeur de bénéficier du bonus écologique, ce qui donne droit à une aide à l’achat pour les consommateurs français. Pour rappel, depuis septembre 2023, la France conditionne l'octroi de ce bonus à un "score environnemental" prenant en compte l'empreinte carbone de la production, et favorisant donc les véhicules fabriqués localement, en France ou en Europe. Or, tous les modèles BYD à moins de 47 000 euros (l’un des critères d’éligibilité avec le poids à 2,4 tonnes), fabriqués en Chine, en étaient donc privés depuis cette mise à jour.
Les électriques BYD coûteront encore moins cher s’ils sont bonussés
Cette production européenne pourrait donc changer la donne dès la fin d’année, ainsi qu’en 2026, à condition que le bonus écologique soit maintenu. Et le choc tarifaire pourrait être d’autant plus fort que les prix appliqués par BYD défient déjà toute concurrence. Dès lors, le petit crossover Atto 2 (seulement 29 990 euros), la berline compact Dolphin (33 990 euros) ou encore le SUV Sealion (46 990 euros) pourraient coûter encore moins cher grâce à l’application du bonus, qui s’échelonne d’au minimum de 2 000 euros, et jusqu’à 4 000 euros pour les foyers les plus modestes. De quoi inciter les autres marques européennes à accélérer leur transition vers l'électrique, et surtout à revoir leur politique tarifaire.
Fondé en 1995 et d’abord spécialisé dans les batteries, BYD est devenu le sixième constructeur automobile mondial en 2024, avec 4,2 millions de voitures vendues, dont 10% à l'étranger. Sa progression fulgurante et ses prix agressifs inquiètent.
Cette offensive sera surveillée de près par Bruxelles et ne sera pas sans controverse. Selon plusieurs médias, la Commission européenne aurait ouvert une enquête sur de possibles subventions accordées à BYD par la Chine, suspectant des pratiques de concurrence déloyale, qui fausseraient le jeu au sein du marché européen. Si ces soupçons sont confirmés, le constructeur chinois pourrait faire face à des sanctions financières ou à des restrictions de production.
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